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mercredi 20 janvier 2016

Ettore Scola - 10 mai 1931 - 19 janvier 2016 à Rome

Décès d'Ettore Scola, l'un des derniers grands maîtres du cinéma italien.



"La mort? Il disait qu'elle ne lui faisait pas peur. Pour lui, elle n'avait d'autre visage que celui d'une femme au sourire de plus en plus séduisant."

Le cinéaste italien Ettore Scola, réalisateur notamment d'« Une journée particulière » ou de «Nous nous sommes tant aimés», est mort mardi à Rome à 84 ans.



Qui était Ettore Scola ? | Archive INA.



Ettore Scola, était l'un des derniers grands maîtres de la comédie italienne, réalisateur de chefs-d'oeuvre inoubliables mettant en scène Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman ou Nino Manfredi.

Avec Marcello Mastroianni.



Avec Nino Manfredi.


Réalisateur et scénariste italien né à Trevico, province d'Avellino, le 10 mai 1931. Après des études secondaires classiques, il suit des études à l'université de Jurisprudence de Rome et obtient un diplôme en droit. En 1947, Ettore Scola fait du journalisme et collabore notamment à des revues humoristiques telles que le célèbre "Marco Aurelio" (hebdomadaire satirique où l'on trouve également les signatures de Federico Fellini, Ruggero Maccari, Steno, Marchesi, Age et Scarpelli), "Setima Incom" et d'autres en qualité d'écrivain et dessinateur. En 1950, il écrit pour la radio "Ho-là", "Rosso e nero,", " Il teatrino di Alberto Sordi".




Après avoir écrit une vingtaine de scénarios de 1948 à 1952 sans les signer dont plusieurs pour Toto, Scola écrit une bonne cinquantaine de scénarios, comédies pour la plupart, dont plusieurs pour Dino Risi (Le Fanfaron, Il mattatore, La marche sur Rome, Les monstres, Moi la femme...) et pour un autre réalisateur moins connu Antonio Pietrangeli aujourd'hui décédé. Avec Age et Scarpelli, Maccari et Sonego, Ettore Scola a été le scénariste qui a porté la comédie italienne à son plus grand degré de perfection.

En 1964, Ettore Scola passe à la mise en scène avec un film à épisodes avec Vittorio Gassman Parlons femmes. Au fil des années, le réalisateur s'affirme et écrit des films très différents les uns des autres : Drame de la jalousie avec Marcello Mastroianni, "Nous nous sommes tant aimés" qui lui vaut le grand prix du festival d'humour de Chamrousse en 1976, "Affreux, sales et méchants", prix de la mise en scène à Cannes, et le triomphe dans le monde entier d'"Une journée particulière" et des "Nouveaux monstres" qu'il a co-réalisé avec Dino Risi et Mario Monicelli.

Avec Brigitte Fossey et Jean Yanne.



S'il excelle avant tout dans la comédie, il adopte un ton plus mélancolique dans "Nous nous sommes tant aimés (1974)" avec Vittorio Gassman où il dépeint l'évolution contemporaine de l'Italie. Cinéaste engagé, il se pose en défenseur des petites gens et des marginaux tout en pointant du doigt les conditions de vie dans les bidonvilles autour de Rome dans "Affreux, sales et méchants (1976)", pour lequel il remporte le Prix de la Mise en scène à Cannes. En 1977, il dénonce également la persécution des homosexuels dans "Une journée particulière" avec Sophia Loren.

Avec Robert Wagner et Natalie Wood.



Ettore Scola tisse également des liens étroits avec la France puisqu'il évoque la Révolution française dans La Nuit de Varennes et tourne Le Bal qui lui vaut le César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1994. Il a également l'occasion de travailler avec bon nombre de comédiens français comme Fanny Ardant (La Famille, 1987, Le Dîner, 2000), Vincent Perez, Emmanuelle Béart (Le Voyage du capitaine Fracasse, 1991), etc.






A partir des années 90, le public suit toutefois moins le réalisateur italien qui ne perd pas pour autant de sa justesse avec Le roman d'un jeune homme pauvre qui obtient un Lion d'Or à Venise en 1995. Poursuivant des films aux castings prestigieux, il revient une nouvelle fois à Rome en 2003 pour y tourner "Gente di Roma."


Parlons de femmes (1964).



Se permettete parliamo di donne, réalisé en 1964, est le premier long-métrage d'Ettore Scola, qui avait jusque-là signé que des scénarios, notamment pour Dino Risi. La mode était alors celle du film à sketches. De nombreux cinéastes italiens avaient œuvré dans ce genre, et pas des moindres, puisque Fellini, Visconti, De Sica et Monicelli s'étaient associés deux ans plus tôt pour le très célèbre film Boccace 70.
Ici, Ettore Scola est seul aux commandes. Il dirige l'acteur Vittorio Gassman, qui interprète le personnage central dans les neufs sketchs. Intitulé originalement Se permettete parliamo di donne, le film met en lumière les difficultés des relations entre hommes et femmes.


Nous nous sommes tant aimés (1974).



L'histoire se déroule en 1944. Gianni, Nicola et Antonio se lient d'amitié alors qu'ils ont pris le maquis pour combattre les Allemands. Lorsque sonne l'heure de la libération, un monde nouveau s'offre à eux. Militants fervents, pleins de rêves et d'illusions, les voici prêts à faire la révolution.
Alors que tous trois, à des périodes différentes, vont avoir une aventure avec Luciana, aspirante actrice, la vie les sépare après la chute du régime fasciste et l'avènement de la République. Gianni, avocat en quête de clients, épouse Elide, la fille d'un grossier parvenu, puis se retrouve veuf. Nicola, qui se vouait à être critique de cinéma, devient enseignant en province où il abandonne sa famille pour Rome. Antonio restera brancardier dans un hôpital romain mais lui finira par épouser Luciana.
Par hasard, tous trois se rencontrent mais la communication entre eux est devenue bien différente de celle de leur jeunesse: «Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés!», déclare l'un des protagonistes…

Le film est explicitement dédié au réalisateur italien Vittorio De Sica, décédé d'un cancer du poumon le 13 novembre 1974.


Affreux, sales et méchants (1976).




Lors de la 29e édition du Festival de Cannes, le long-métrage remporta le Prix de la mise en scène en 1976. Le film fut presque entièrement tourné à Rome, dans le quartier de Monte Ciocci, d'où l'on aperçoit la coupole de la basilique Saint-Pierre.
 Cette zone fut véritablement occupée, jusqu'en 1977, par des taudis habités par des chômeurs et par des ouvriers travaillant dans les chantiers des quartiers voisins. Dans un premier temps, Ettore Scola comptait faire un documentaire sur ce sujet. Il décida plutôt d'aborder le sujet sous forme d'une comédie de fiction.

Le film raconte la vie quotidienne d'une famille du quart-monde, originaire des Pouilles, dans un bidonville de Rome au début des années 1970. Une vingtaine de personnes — parents, enfants, leurs conjoints ou amants, petits-enfants, et la grand-mère — s'entassent dans un sordide taudis, vivant de larcins et de prostitution, sous l'autorité tyrannique du patriarche borgne, Giacinto Mazzatella (Nino Manfredi), avare et brutal.
Celui-ci possède une liasse d'un million de lires, reçues en indemnité pour avoir perdu l'usage d'un œil. Il est obsédé par la crainte qu'un de ses proches puisse lui dérober le magot. Il s'entiche d'une prostituée obèse, commence à dépenser son argent avec elle, l'invite même à venir habiter chez lui, ce qui attise la colère de son épouse. Celle-ci, pour laver l'affront, organise avec toute la famille l'assassinat du mari et père indigne.


Une journée particulière (1977).












Sorti en 1977, Una giornata particolare se déroule en pleine période fasciste italienne, où on assiste à la rencontre de deux êtres que tout semble séparer: Antonnietta, incarnée à l'écran par Sophia Loren et Gabriele, joué par Marcello Mastroianni.
À Rome, le 8 mai 1938, Hitler rencontre Mussolini. Tous les Romains ont déserté leurs habitations pour aller assister à la cérémonie. Dans un grand immeuble, Antonietta, en bonne mère de famille nombreuse (conformément à l'endoctrinement mussolinien: un mari tout ce qu'il y a de plus machiste et six enfants), est contrainte de rester à la maison pour s'occuper des tâches ménagères alors qu'elle serait bien allée voir le Duce comme tout le monde.
Le hasard va la mettre en contact avec un homme esseulé qu'elle a aperçu dans un appartement de l'autre côté de la cour. Il s'agit de Gabriele, un intellectuel homosexuel qui, pour cette raison, a été exclu de la radio nationale où il était présentateur et est menacé de déportation.


Le Bal (1983).



Le film remporte en 1884 de nombreuses récompenses: César du Meilleur film, César du Meilleur réalisateur mais aussi César de la Meilleure musique de film pour la bande-son signée Vladimir Cosma.

L'histoire se déroule dans une salle de bal où redéfile toute l'histoire de la France: des années 20 aux années 80. Au gré des musiques qui ont rythmé ces décennies comme le jazz, le rock'n'roll ou encore le disco, le Front Populaire, la Seconde Guerre mondiale, la Libération et Mai 68 sont ainsi évoqués.

Mort de Ettore Scola.

Selon les médias italiens, citant des sources hospitalières, le «maestro» avait été admis au service de chirurgie cardiaque de la polyclinique de Rome, l'un des plus grands hôpitaux de la capitale italienne, où il était dans le coma depuis dimanche. Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a aussitôt fait part de sa tristesse après la mort de ce «maître dans l'art d'observer avec acuité l'Italie, sa société et ses changements».

C'est en août 2011, qu'il fait définitivement ses adieux au cinéma. Alors qu'il devait tourner un film avec Gérard Depardieu, Ettore Scola a soudain annoncé qu'il y renonçait. Pour ce tournage avec l'acteur français, «tout était prêt», avait-il expliqué dans un entretien donné au quotidien italien Il Tempo. «Mais à la fin, je ne me suis plus senti de faire ce film. En somme, tout a commencé de façon habituelle, et la décision d'abandonner est venue très naturellement.» À 80 ans, pour lui, il était temps de dire adieu au cinéma. «Je ne veux pas devenir comme ces vieilles dames qui continuent à mettre du rouge et des talons aiguilles pour rester avec les jeunes», avait-il ajouté.


Filmographie :



1953 : Deux nuits avec Cléopâtre (Due notti con Cleopatra) de Mario Mattoli
1953 : Fermi tutti... arrivo io! de Sergio Grieco
1955 : Le Célibataire (Lo scapolo) d'Antonio Pietrangeli
1956 : Nos plus belles années (I giorni più belli) de Mario Mattoli
1956 : Guardia, guardia scelta, brigadiere e maresciallo, de Mauro Bolognini
1960 : L'Homme aux cent visages (Il mattatore) de Dino Risi
1960 : Adua et ses compagnes (Adua e le compagne) d'Antonio Pietrangeli
1962 : Le Fanfaron (Il sorpasso) de Dino Risi
1965 : Il Gaucho de Dino Risi
1967 : À l'italienne (Made in Italy) de Nanni Loy

Scola est également scénariste ou co-scénariste de l'ensemble des films qu'il a réalisés.

1964 : Parlons femmes (Se permettete parliamo di donne)
1965 : Cent millions ont disparu (La congiuntura)
1965 : Thrilling, segment Il vittimista
1966 : Belfagor le Magnifique (L'arcidiavolo)
1968 : Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?
(Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa?)
1969 : Le Commissaire Pepe (Il Commissario Pepe)
1970 : Drame de la jalousie (Dramma della gelosia)
1971 : Permette? Rocco Papaleo
1972 : La Plus Belle Soirée de ma vie (La più bella serata della mia vita)
1973 : Voyage dans le Fiat-nam (Trevico-Torino: viaggio nel Fiat-Nam)
1974 : Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati)
1976 : Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi)
1977 : Mesdames et messieurs bonsoir (Signore e signori, buonanotte)
1977 : Une journée particulière (Una giornata particolare)
1978 : Les Nouveaux Monstres (I nuovi mostri)
1980 : La Terrasse (La terrazza)

 Récompenses et distinctions :

1966 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour L'Amour tel qu'il est (Io la conoscevo bene)
1975 : Prix d'or au Festival international du film de Moscou pour Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati)
Festival de Cannes 1976 : Prix de la mise en scène pour Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi)
Césars 1977 : César du meilleur film étranger pour Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati)
Césars 1978 : César du meilleur film étranger pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
1978 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
1983 : David di Donatello du meilleur réalisateur pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
Festival de Cannes 1980 : Prix du scénario et des dialogues pour La Terrasse (La terrazza)
1980 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour La Terrasse (La terrazza)
1981 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour Passion d'amour (Passione d'amore)
1983 : David di Donatello du meilleur scénario pour La Nuit de Varennes (Il mondo nuovo)
Césars 1984 :
meilleur film pour Le Bal (Ballando ballando), ex-æquo avec À nos amours de Maurice Pialat
meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Berlinale 1984 :
Ours d'argent du meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Jury des lecteurs du Berliner Morgenpost pour Le Bal (Ballando ballando)
David di Donatello 1984 :
meilleur film pour Le Bal (Ballando ballando), ex-æquo avec Et vogue le navire… (E la nave va) de Federico Fellini
meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Prix Alitalia pour Le Bal (Ballando ballando)
1986 : Médaille d'or de la ville de Rome pour le 30e anniversaire des David di Donatello
David di Donatello 1987 :
meilleur film pour La Famille (La famiglia)
meilleur réalisateur pour La Famille (La famiglia)
meilleur scénario pour La Famille (La famiglia)
Ruban d'argent 1987 :
meilleur réalisateur pour La Famille (La famiglia)
meilleur scénario pour La Famille (La famiglia)
Mostra de Venise 1990 : Prix Pietro Bianchi
1995 : Prix pour la carrière au Festival du film Flaiano
2001 : Saint-Georges d'argent au Festival international du film de Moscou pour Concurrence déloyale (Concorrenza sleale)
2001 : Prix artistique de Taormine au Festival du film de Taormine
Mostra de Venise 2013 : Prix Jaeger-LeCoultre Glory to the Filmmaker
1981 : Passion d'amour (Passione d'amore)
1982 : La Nuit de Varennes
1983 : Le Bal (Ballando ballando)
1985 : Macaroni (Maccheroni)
1987 : La Famille (La famiglia)
1989 : Splendor
1989 : Quelle heure est-il ? (Che ora è?)
1990 : Le Voyage du capitaine Fracasse (Il Viaggio di Capitan Fracassa)
1993 : Mario, Maria e Mario
1995 : Le Roman d'un jeune homme pauvre (Romanzo di un giovane povero)
1998 : Le Dîner (La Cena)
2001 : Concurrence déloyale (Concorrenza sleale)
2003 : Gente di Roma
2013 : Qu'il est étrange de s'appeler Federico (Che strano chiamarsi Federico: Scola racconta Fellini)



Thrilling (1965) - episodio Il vittimista

La congiuntura (1965)
L'arcidiavolo (1966)
Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa?(1968)
Il commissario Pepe (1969)
Dramma della gelosia - Tutti i particolari in cronaca (1970)
Permette? Rocco Papaleo (1971)
Festival dell'Unità 1972 (1972)
La più bella serata della mia vita (1972)
Trevico-Torino - Viaggio nel Fiat-Nam (1973)
Festival Unità (1973)
C'eravamo tanto amati (1974)
Carosello per la campagna referendaria sul divorzio (1975)
Brutti, sporchi e cattivi (1976)
Signore e signori, buonanotte (1976)
Una giornata particolare (1977)
I nuovi mostri ( L'uccellino della Val Padana, Il sospetto, Hostaria,Come una regina, Cittadino esemplare, Sequestro di persona cara ed Elogio funebre )(1977)  
La terrazza (1980)
Passione d'amore (1981)
Vorrei che volo (1982)
Il mondo nuovo (La Nuit de Varennes) (1982)
Ballando ballando (1983)
L'addio a Enrico Berlinguer (1984)
Maccheroni (1985)
Imago urbis (1987) 
La famiglia (1987)
Splendor (1989)
Che ora è? (1989)
Il viaggio di Capitan Fracassa (1990)
Mario, Maria e Mario (1993)
Romanzo di un giovane povero (1995)
I corti italiani (1997)
La cena (1998)
Concorrenza sleale (2001)
Un altro mondo è possibile (2001)
Lettere dalla Palestina (2002)
Gente di Roma (2003)
Che strano chiamarsi Federico (2013)
Sceneggiati

Canzoni di mezzo secolo (1952)Fermi tutti… arrivo io! (1953)
Due notti con Cleopatra (1953)
Canzoni, canzoni, canzoni (1953)
Ridere! Ridere! Ridere!(1954)
Gran varietà (1954)
Amori di mezzo secolo (1954)
Accade al commissariato (1954)
Una parigina a Roma (1954)
Un americano a Roma (1954)
Rosso e nero (1955)
Buonanotte… avvocato! (1955)
Accadde al penitenziario (1955)
I pappagalli (1955)
Lo scapolo (1955)
Mi permette, babbo! (1956)
Guardia, guardia scelta, brigadiere e maresciallo (1956)
I giorni più belli (1956)
Il conte Max (1957)
Primo amore (1958)N
Non sono più guaglione (1958)
Il marito (1958)
Totò nella luna (1958)
Nel blu dipinto di blu(1959)
Il nemico di mia moglie (1959)
Guardatele ma non toccatele (1959)
Il mattatore (1960)
Nata di marzo (1960)
Adua e le compagne (1960)
Il carabiniere a cavallo (1961)
Fantasmi a Roma (1961)
Le pillole di Ercole (1961)
Anni ruggenti (1962)
Il sorpasso (1962)
La parmigiana (1963)
La marcia su Roma (1963)
I cuori infranti (1963) 
L'amore difficile (1963) 
Il successo (1963)
I mostri (1963)
Follie d'estate (1963)
La visita (1963)
Alta infedeltà (1964)
Il magnifico cornuto (1964)
Il gaucho (1965)
I complessi (1965)
Io la conoscevo bene (1965)
Made in Italy (1965)
Le dolci signore(1968)
Il profeta (1968)
Noi donne siamo fatte così (1971)
Il silenzio è complicità (1976)
Cuori nella tormenta (1984)
Passion (1996).

Récompenses et distinctions :

1966 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour L'Amour tel qu'il est (Io la conoscevo bene)
1975 : Prix d'or au Festival international du film de Moscou pour Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati)
Festival de Cannes 1976 : Prix de la mise en scène pour Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi)
Césars 1977 : César du meilleur film étranger pour Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati)
Césars 1978 : César du meilleur film étranger pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
1978 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
1983 : David di Donatello du meilleur réalisateur pour Une journée particulière (Una giornata particolare)
Festival de Cannes 1980 : Prix du scénario et des dialogues pour La Terrasse (La terrazza)
1980 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour La Terrasse (La terrazza)
1981 : Ruban d'argent du meilleur scénario pour Passion d'amour (Passione d'amore)
1983 : David di Donatello du meilleur scénario pour La Nuit de Varennes (Il mondo nuovo)
Césars 1984 :
meilleur film pour Le Bal (Ballando ballando), ex-æquo avec À nos amours de Maurice Pialat
meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Berlinale 1984 :
Ours d'argent du meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Jury des lecteurs du Berliner Morgenpost pour Le Bal (Ballando ballando)
David di Donatello 1984 :
meilleur film pour Le Bal (Ballando ballando), ex-æquo avec Et vogue le navire… (E la nave va) de Federico Fellini
meilleur réalisateur pour Le Bal (Ballando ballando)
Prix Alitalia pour Le Bal (Ballando ballando)
1986 : Médaille d'or de la ville de Rome pour le 30e anniversaire des David di Donatello
David di Donatello 1987 :
meilleur film pour La Famille (La famiglia)
meilleur réalisateur pour La Famille (La famiglia)
meilleur scénario pour La Famille (La famiglia)
Ruban d'argent 1987 :
meilleur réalisateur pour La Famille (La famiglia)
meilleur scénario pour La Famille (La famiglia)
Mostra de Venise 1990 : Prix Pietro Bianchi
1995 : Prix pour la carrière au Festival du film Flaiano
2001 : Saint-Georges d'argent au Festival international du film de Moscou pour Concurrence déloyale (Concorrenza sleale)
2001 : Prix artistique de Taormine au Festival du film de Taormine
Mostra de Venise 2013 : Prix Jaeger-LeCoultre Glory to the Filmmaker
1981 : Passion d'amour (Passione d'amore)
1982 : La Nuit de Varennes
1983 : Le Bal (Ballando ballando)
1985 : Macaroni (Maccheroni)
1987 : La Famille (La famiglia)
1989 : Splendor
1989 : Quelle heure est-il ? (Che ora è?)
1990 : Le Voyage du capitaine Fracasse (Il Viaggio di Capitan Fracassa)
1993 : Mario, Maria e Mario
1995 : Le Roman d'un jeune homme pauvre (Romanzo di un giovane povero)
1998 : Le Dîner (La Cena)
2001 : Concurrence déloyale (Concorrenza sleale)
2003 : Gente di Roma
2013 : Qu'il est étrange de s'appeler Federico (Che strano chiamarsi Federico: Scola racconta Fellini)



Sources :
- Pour la filmographie: Wikipédia
- Pour les anecdotes : Le Figaro.

vendredi 4 décembre 2015

Noël Blanc - White Christmas - 1954...

Avec son quatuor de Stars et sa partition signée Irving Berling, "White Christmas"  enchante les fêtes de fin d'années 1954 aux Etats-Unis...




Bob Wallace et Phil Davis se rencontrent sur le front pendant la Seconde Guerre mondiale.Le premier est déjà une vedette de music-hall, le second rêve de le devenir. Sauvant la vie de son camarade un soir de Noël, Davis gagne ainsi son ticket d'entrée à Broadway. Mais la vie d'artiste n'est pas simple quand on travaille avec un homme aussi rigoureux que Wallace. Heureusement, le destin va leur faire croiser le chemin de deux chanteuses,les soeurs Haynes...














C'est en 1953 que la Paramount met en chantier un projet de comédie musicale dont le principe ressemble beaucoup à celui de leurs précédents succès, l'Amour chante et danse (1942) et Blue Skies (1946).
Ces films avaient pour point commun d'associer les noms d'Irving Berling, Fred Astaire et Bing Crosby, et de comporter une séquence dans laquelle Crosby chantait White Christmas. Au vu du succès de ces films - et d'une chanson qui s'avère chaque année plus populaire -, le studio décide de reprendre la recette, et d'intituler cette fois le film...White Christmas (Noël Blanc en version française).
Mais si Irving Berling se montre enthousiaste, Bing Crosby se fait un peu prier avant d'accepter. Quant à Fred Astaire, qui songe à prendre sa retraite, il refuse l'offre.
Le studio se rabat alors sur Donald O'Connor, mais celui-ci tombe malade peu avant le début du tournage. Danny Kaye est alors engagé, obtenant même, tout étonné, les 200 000 dollars demandés par son agent...

 Bing Crosby, Rosemary Clooney, Vera-Ellen, Danny Kaye.


Irving Berling - White Christmas.


Swinging Sisters...

Vera-Ellen et Rosemary Clooney.



Les charmantes soeurs Haynes seront interprétées quant à elles par la chanteuse Rosemary Clooney et par la danseuse Vera-Ellen, l'une des trois héroïnes d'Un jour à New York.
Les seconds rôles les plus importants, ceux du général et de l'intendante, sont attribués à deux visages familiers du cinéma américain : Dean Jagger et Mary Wiches. 

Mary Wiches.
 

Dean Jagger.

 Tandis qu'Irving Berling compose de nouvelles chansons pour le film, la Paramount choisit de confier la mise en scène à Michael Curtiz.
Récemment libérer de son contrat avec la Warner, le réalisateur de Casablanca n'est pas un spécialiste de la comédie musicale. Mais l'habileté avec laquelle il a déjà réalisé une centaine de films rend tout le monde confiant - même si Noël Blanc doit être en outre le tout premier film tourné avec le procédé VistaVison, qui est la réponse de la Paramount au CinémaScope de la Fox.
Chaque studio tente à l'époque de mettre au point un format d'image plus large pour lutter contre la concurrence de la télévision.

Michael Curtiz pour White Christmas.


 La bonne humeur qui émane des acteurs enchantera le public à la sortie du film...











 Le tournage du film débute en août 1953, pour s'achever trois mois plus tard. En plus de l'incontournable White Christmas, de nouvelles chansons d'Irving Berling donnent lieu à des numéros de music-hall pour lesquels Michael Curtiz est épaulé, pour les chorégraphies, par le vétéran Robert Alton (lui-même épaulé par un jeune homme du nom de Bob Fosse, qui ne sera pas crédité au générique bien qu'il ait signé certains numéros).

Robert Alton et Vera-Ellen.


Bob Fosse.




 
Parmi les danseurs qui entourent Vera-Ellen et Rosemary Clooney se trouve par ailleurs le jeune George Chakiris, futur héros de West Side Story...

George Chakiris. 


Après de longs mois de post-production, Noël Blanc est finalement présenté en avant-première le 14 octobre 1954 au Radio City Music Hall de New York : un lieu de prestige qui doit permettre de lancer avec éclat le procédé Vista Vision.

Mais ce n'est sans doute pas uniquement à cette innovation que le film se hissera à la première place du box-office pour l'année 1954...

Derrière la scène de White Christmas.












White Christmas... 

Si tout le monde connaît ce titre légendaire, on sait moins qu'il fût écrit par Irving Berling pour une comédie musicale de 1942. Avant de devenir la chanson la plus vendue au monde.

L'histoire de la Genèse de White Christmas a donné lieu à de différentes versions, mais ce qui est certain, c'est que la chanson trouve sa forme définitive en 1941, lors de la préparation du film L'Amour chante et danse (Holiday Inn).



Pour cette comédie musicale devant réunir Fred Astaire et Bing Crosby, Irving Berlin est chargé d'écrire des morceaux en relation avec les fêtes nationales américaines.

Bing Crosby et Marjorie Reynolds.

 
Pour celle de Noël, il livre White Christmas, qui doit être chanté dans le film par Crosby et Marjorie Reynolds. Sans se douter que ce sera un jour son titre fétiche, le crooner l'interprète une première fois à la radio le 24 décembre 1941.
Mais c'est après la sortie du film en août 1942 que la chanson, réenregistrée en solo par Crosby, va s'avérer de plus en plus populaire.

Home sweet home... 

Non seulement White Christmas occupe pendant plusieurs semaines la tête du hit-parade durant l'hiver 1942, mais le morceau obtient ensuite l'Oscar de la meilleure chanson.


Joué par toutes les radios, le titre doit en partie son succès au fait que l'Amérique vient d'entrer en guerre, et que cette ode nostalgique aux Noëls blancs de l'enfance touche autant les G.I's partis au front que leurs familles passant les fêtes sans eux.



Mais l'engouement pour la chanson survivra à la fin du conflit : elle sera à nouveau numéro 1 en décembre 1945, puis en 1946.
Le chanteur doit même la réenregistrer en 1947, la matrice originale s'étant usée à force d'être dupliquée... 

Devenu au fil des décennies le symbole même de Noël aux Etats-Unis, le White Christmas de Crosby est aujourd'hui la chanson la plus vendue au monde, avec plus de 50 millions d'exemplaires écoulés. 


 
Bien sûr un tel succès donne envie à d'autres artistes d'interpréter le morceau d'Irving Berlin. Frank Sinatra, le jeune rival de Crosby, s'en empare en 1944, sans parvenir à détrôner la version originale.

Au cours des décennies suivantes, des dizaines de chanteurs s'y essaieront à leur tour, et non des moindres : Elvis Presley, Ella Fitzgerald, Doris Day, Dean Martin ou Barbra Streisand intégreront le titre sur des albums de Noël devenus classiques, tandis que des versions plus inattendues seront signées Bob Marley ou Boy George.



Il faut évidemment ajouter à cela les adaptations de White Christmas en différentes langues - en français Noël Blanc sera interprété entre autres par Tino Rossi, Dalida, Eddy Mitchell et Céline Dion.

Au total, on estime  aujourd'hui que les différentes versions de la chanson représentent plus de 100 millions d'exemplaires vendus à travers le monde.... 

  B.O contre B.O...

Rosemary Clooney et Bing Crosby.


Outre la chanson mythique qui lui donne son titre, le film de Michael Curtiz s'appuie sur une série de morceaux composés sur mesure par Irving Berlin. L'un des plus remarquables est Count Your Blessings (Instead of Sheep), interprété par Bing Crosby et Rosemary Clooney - le compositeur se verra nommé à l'Oscar de la meilleure chanson pour ce titre.

Le duo Sisters, chanté par Clooney et Trudy Stevens ( La doublure vocale de Vera-Ellen) connaîtra lui aussi un certain succès, avant de devenir un classique : Bette Midler et Linda Ronstadt l'ont notamment repris en 2004.

Berlin a aussi inséré dans le film des extraits de précédents succès comme Heat Wave et Blue Skies, et il a composé des morceaux qui ne figurent pas dans le montage final ( tel Santa Claus, destiné à Cosby et Kaye).



Malheureusement des problèmes légaux empêcheront Rosemary Clooney, sous contrat exclusif avec la compagnie Colombia, d'apparaître sur la bande originale du film qui doit être éditée par Decca, le label de Crosby.

Deux disques sont alors mis sur le marché : celui de Decca, sur lequel l'actrice est remplacée par Peggy Lee ; et celui de Colombia, dans lequel Rosemary Clooney interprète seule plusieurs chansons du film - dont White Christmas.  

 Rosemary Clooney.


Avant tout chanteuse, Rosemary Clooney (1922 - 2002) obtient son premier "tube" en 1951. Sollicitée par Hollywood, elle tient le rôle principal de quatre films entre 1953 et 1954 : Les Etoiles Chantent, Il y aura toujours des femmes, les jarretières rouges et Noël Blanc. Epousant à la même période l'acteur José Ferrer, Rosemary préfère ensuite se consacrer à la musique - et à ses cinq enfants. Malgré des périodes difficiles sur le plan personnel, elle restera jusqu'à sa mort une chanteuse de jazz réputée. Elle était la tante de George Clooney.

 Danny Kaye.


 
 Né en 1913 à Brooklyn, Danny Kaye, fils d'immigrants russes commence sa carrière au music-hall. Révélé en 1941 par un show de Kurt Weill et Ira Gershwin, il tient bientôt des premiers rôles au cinéma, dans des comédies comme Le Joyeux Phénomène (1945) et La Vie secrète de Walter Mitty (1947).

Egalement chanteur, il joue dans de nombreuses comédies musicales, dont Hans Christian Andersen et la danseuse (1952).Danny Kaye restera jusqu'à sa mort,en 1987, l'un des artistes favoris du public américain, qui appréciait aussi beaucoup ses émissions de télévision.










Distribution

Bing Crosby : Bob Wallace
    Danny Kaye (V.F : Yves Furet) : Phil Davis
    Rosemary Clooney (V.F : Jacqueline Ferriere) : Betty Haynes
    Vera Ellen : Judy Haynes
    Dean Jagger : Major Général Thomas F. Waverly
    Mary Wickes (V.F : Marie Francey) : Emma Allen
    John Bascia : John
    Anne Whitfield : Susan Waverly
    George Chakiris : un danseur
    Carl Switzer (Our Gang) : en photo
    Herb Vigram (V.F : Richard Francoeur) : Novello

Acteurs non crédités :

    Gavin Gordon : Général Harold G. Carlton
    Grady Sutton : M. Herring, invité de la fête chez le général


Chansons dans le film musical :  




  Toutes les chansons ont été écrites par Irving Berlin.

    White Christmas (Crosby)
    The Old Man (Crosby, Kaye, and Men's Chorus)
    Medley: Heat Wave/Let Me Sing and I'm Happy/Blue Skies (Crosby & Kaye)
    Sisters (Clooney)
    The Best Things Happen While You're Dancing (Kaye & Stevens)
    Snow (Crosby, Kaye, Clooney & Stevens)
    Sisters (reprise) (Clooney)
    Minstrel Number: I'd Rather See a Minstrel Show/Mister Bones/Mandy (Crosby, Kaye, Clooney, Stevens & Chœur)
    Count Your Blessings Instead of Sheep (Crosby & Clooney)
    Choreography (Kaye)
    The Best Things Happen While You're Dancing (reprise) (Kaye & Chorus)
    Abraham (instrumental)
    Love, You Didn't Do Right By Me (Clooney)
    What Can You Do with a General? (Crosby)
    The Old Man (reprise) (Crosby & Men's Chorus)
    Gee, I Wish I Was Back in the Army (Crosby, Kaye, Clooney & Stevens)
    White Christmas (final) (Crosby, Kaye, Clooney, Stevens & Chœur)